vendredi 22 février 2013

Hommage au Baron Bich

Pas besoin d'atelier. Un Bic et un coin de table suffisent.
Je mets en ligne un nouvel album de dessins réalisés au stylo bille depuis deux ans. DESSINS au BIC

 

 

samedi 26 janvier 2013

Les visions hallucinées de Richard Burnside

 
Coll. JMC
 
Coll. JMC
    Je poursuis l'inventaire de mon petit panthéon personnel du Folk Art américain en mettant à l'honneur, cette fois-ci, Richard Burnside et sa galerie de personnages colorés.
   Né en 1944 à Baltimore dans le Maryland, il a passé sa vie à partir de 1949 en Caroline du sud où il vit toujours. Après avoir été vendeur, il s’engage dans l’armée puis devient chef cuisinier à Charlotte.
Coll. JMC
 
   En proie à des visions nocturnes inexpliquées de ces personnages, il ne peut prouver la paix qu'après en avoir réalisé la peinture. Il les peint principalement sur des panneaux de contre-plaqué (parfois sur des sacs en papier ou des meubles), utilisant une gamme de couleurs très vives. Le thème récurant de sa production est un visage stylisé, entouré d’une sorte de coiffe ou de couronne volumineuse. L’ensemble cerné d’un épais trait de pinceau doré est généralement agrémenté d’éléments décoratifs, d’animaux, de symboles qui rappellent les peintures de sable Navajos.
 
 
   Depuis 1982, il vit à Pendleton dans un mobile home et réalise la plupart de ses tableaux chez sa sœur le plus souvent à l’extérieur, installé à plat sur des tréteaux. Une fois terminés, il les laisse quelques jours dehors afin qu’ils se patinent.

Richard Burnside

Coll. JMC

Coll. JMC
   Il pense recréer une mythologie africaine à partir de contes populaires et de récits bibliques décrivant une dynastie infinie de prêtres et de figures royales. Au delà de cette immense série de dignitaires coiffés ou couronnés, il peint également de nombreux animaux de la jungle. Richard Burnside travaille comme un artisan et de préférence à la commande; Il n’est pas spécialement attaché à ses œuvres dont il se défait aisément. Présent dans de nombreuses galeries et collections, cet homme est sûr de son talent et répète souvent à qui veut l’entendre qu’il est le meilleur artiste du monde... Cette coquetterie n’empêche pas de dire qu’il fait partie, au même titre que Mr Imagination (avant son décès) des artistes majeurs du folk art afro-américain actuel.

Coll. JMC

lundi 21 janvier 2013

Gazogène sous presse

   Le périple entamé en 2012 avec André Escard au fil des pages de Gazogène n’est pas terminé puisque la seconde partie est sous presse et devrait sortir courant février 2013.
“André Escard, explorateur de l’Art Brut” et la suite de ses pérégrinations sont donc à retrouver dans le prochain numéro (34) de la revue. Nous en étions restés au jardin de sculptures de Raymond Guitet, le nouvel opus reprend le parcours à partir du site (aujourd’hui disparu) d’André Hardy.
80 pages (dont 55 en couleur) de photos inédites prises dans les années 80 et 90 pour un voyage auprès de ces créateurs hors-normes qui poétisent leur environnement. Précieux témoignages en images où l’on retrouvera tour à tour Marcel Landreau, Pierre Rapeau, la Maison Picassiette, Raymond Reynaud, Emile Taugourdeau et beaucoup d’autres.
Textes de J. F. Maurice et Michel Leroux.
Conception Jean-Michel Chesné.
Toutes photos André Escard ©Gazogène
 
Pour commander la revue :
 
Libraire Ancienne V. Rapaud
1, Place de la Libération
46000 cahors
Tél. 05 65 35 71 30
 
20 euros port compris ,
Chèque à l’ordre des Amis de Gazogène.

Gazogène est également disponible sur place, à la librairie de
la Halle Saint-Pierre
2, rue Ronsard – 75018 paris
 
La maison aux mosaïques de Robert Vasseur
 
Le Jardin de Pierre de Marcel Landreau
Personnage en ciment de Robert Vassalo
 

vendredi 28 décembre 2012

Les derniers jours de la Maison Fleurie

   Au hasard de mes chines, j'avais trouvé cette carte depuis un moment déjà et je l'avais rangée dans l'album des singletons ; des cartes isolées sur lesquelles je n'ai pas effectué de recherche. V'la t'y pas que le gars Michel Leroux me transmet une chronique parue dans le Midi-Libre ces jours ci. Nous en savons donc un peu plus sur cette bâtisse condamnée à court terme :

Coll. JMC

   "Autant dire qu'elle sort du lot ! Avec sa façade entièrement décorée de sculptures, cette maison située au milieu de la rue Gambetta est unique en son genre. Ici, les habitants la nomment la "Maison fleurie". Cet édifice curieux et intrigant pour les visiteurs va pourtant disparaître. Dans le cadre de la réhabilitation du quartier, elle sera démolie afin d'élargir la rue. Avant l'arrivée des bulldozers, Marie-José Puig, ancienne propriétaire, a bien voulu nous raconter son histoire : "Je suis née en 1951 et cette maison a été aménagée bien avant. Sûrement à partir des années quarante. Elle appartenait à mon grand-père Antoine Puéo, un maçon d'origine espagnole, que l'on surnommait 'Tounet'. Il est arrivé très tôt en France où il a obtenu son certificat d'études. Plus tard, il a épousé ma grand-mère : on l'appelait 'Fine', elle était cuisinière pour les grandes occasions, un vrai cordon-bleu ! Au départ, on peut supposer que la maison était une enseigne commerciale. C'était un bâtiment normal. Puis mon grand-père a commencé à changer les balustres de place et à les installer plus en hauteur. Il a également créé des étages supplémentaires et s'est arrêté quand ça n'était plus possible : on ne s'en rend pas compte, mais cette maison est très haute. Il a également orné les façades avec des sculptures qu'il faisait lui-même. Dès qu'il trouvait un coquillage, un joli bout de verre... il le collait à la façade. Aucun élément n'est jamais tombé car nous faisions attention. De plus, la maison était couverte de fleurs et de plantes : d'où son nom de Maison fleurie".
   Au fil des ans, Antoine Puéo a composé un bâtiment original que l'on photographiait pour éditer des cartes postales. "À l'époque on pouvait faire ce que l'on voulait sur les maisons. Mais aujourd'hui, tout est classé !", commente la descendante du maçon artiste. Quelle était donc la source de cette inspiration intarissable ? Pourquoi Antoine Puéo était-il poussé par une frénésie créatrice ? "Je pense que mon grand-père a dû passer par Barcelone. À cette occasion, aurait-il admiré les œuvres de l'architecte Gaudí ? Ce n'est pas impossible car je me souviens qu'il l'évoquait dans ses conversations avec les autres adultes. Je sais qu'il parlait aussi du Facteur Cheval". 
D.R
    En effet, la Maison Fleurie peut être considérée comme une œuvre d'art brut. Un "Palais idéal" qu'Antoine Puéo a modelé au fil des ans et au gré de sa fantaisie. Et si aujourd'hui elle a perdu ses fleurs et un peu de sa superbe, elle renferme néanmoins une foule de souvenirs. Car Marie-José Puig qui a vécu de nombreuses années dans cette demeure, se remémore les bons moments et les repas de famille, avouant au passage "ça fait mal de savoir que la maison va disparaître". En 2001, elle a vendu le bâtiment à la mairie tout en sachant qu'il serait voué à la démolition. Alors, la Maison fleurie ne vivra plus qu'à travers les souvenirs et les anciennes cartes postales. Cependant, Marie-José reste philosophe : "Il ne faut pas regarder en arrière. Sinon, on n'avance plus !"                                       F.P.

mercredi 28 novembre 2012

Les Rochers au delà des cartes

   Je profite d'un mail transmis par Joelle Jouneau, pour mettre le lien vers le blog qu'elle anime avec passion et consacré à la défense des Rochers Sculptés de l'abbé Fouré à Rotheneuf : http://rochersrotheneuf.wordpress.com/

   J'en profite également pour mettre en ligne quelques images moins courantes des Rochers puisqu'il s'agit de cartes plus anciennes et plus rares que le tout venant ou bien de photos originales chinées ça et là.
   Rien d'extraordinaire dans ces clichés mais comme je dis toujours, ces endroits ont la vie courte, il ne faut rien négliger. Tout est à prendre : un détail ignoré, un angle de vue différent, un zoom avantageux etc. Quand les Rochers auront disparus, on sera bien content d'avoir tout ça pour s'épancher...          
(Toutes images Coll. JMC)

Deux tirages héliotypiques (10 cm x 7 cm) sur papier fin contre collés sur carton. Difficile à dater (vers 1900) Légende gravée : Rothéneuf - Rochers sculptures.



            
Carte-photo probablement réalisée par un particulier. Pratique courante début 1900. Relativement rare compte tenu des tirages ultra limités à des fins privées. (20 ou 50 ex.)

Carte postale de type "précurseur" datée novembre 1903. Cliché très sombre. On remarquera la maladresse du tirage (découpe, centrage etc.) Rare.
Ajouter une légende

Carte postale "dos séparé" donc postérieure à 1904. On remarquera également la maladresse du tirage (netteté, éclairage, découpe, centrage etc.). Cette image évoque le mouvement pictorialiste de la fin du 19°. Très rare.

Carte postale de type "précurseur" datée novembre 1902 avec espace pour la correspondance. Rare.
 
Carte postale de type "précurseur" (antérieure à 1904) mais datée 1905. Image de type "nuage". Peu courante.

Deux cartes plus courantes mais mises en page plus originales
 (gaufrage, centrage, légende etc.) 1907 et 1909


Carte-photo semi-moderne (années 50)
Tirage photo original daté juillet 1961
 
Tirage photo original daté juillet 1961
 
 Une série photos originales sur papier extrêmement fin, issues d'un album. Photos de petites tailles et maladroitement découpées : 8 cm x 6 cm environ. Série difficile à dater avec précision mais compte tenu du type de papier on se situe debut 1900.






samedi 27 octobre 2012

Le Cinéma selon Guy Brunet

Guy brunet est de nouveau à l'affiche à Villefranche sur saône pour une expo de ses affiches de cinéma et de ses inénarrables films sur l'histoire de l'âge d'or du septième art. La visite chez ce personnage érudit est une expérience incroyable et unique. Ne vous avisez-pas d'essayer de le coller sur le sujet, c'est peine perdue. Pour l'occase je remets le lien de l'article que j'avais mis en ligne en juin 2011 après notre rencontre chez lui :
http://jmchesne.blogspot.fr/2011/06/le-cas-guy-brunet.html

 
Guy Brunet (à droite) lors des 80 ans d'André Robillard en octobre 2011 au LAM de Villeneuve d'Ascq.  Photo M. Leroux
 
Guy Brunet en octobre 2011 au LAM de Villeneuve d'Ascq.
Photo catherine Ursin.

lundi 22 octobre 2012

Henry Speller (1900 - 1997)

    Parmi les artistes qui font partie de ce qu'on appelle le black folk art Henry Speller est avec John Henry Toney l'un de mes favoris. Ses dessins décomplexés, naïfs mais sulfureux , structurés mais déglingués ont tout pour me plaire. Comme souvent on retrouve des éléments biographiques  et des parcours de vie communs à cet ensemble d'artistes du Sud profond.
   Henry Speller était né dans une famille de métayers du Mississipi. Elevé par sa grand-mère maternelle, il arrête l'école à 12 ans et  grandit  tout en travaillant sur le Delta. Il dessinait pendant ses pauses déjeuner pour s’echapper de sa difficile condition et de la monotonie de ses journées. En 1941 il quitte le Mississipi avec sa première femme  pour Memphis dans le Tennessee où il execera divers metiers (jardinier, concierge, installateur sanitaire etc.). C'est également là qu'il commencera à véritablement dessiner.
 
Photo : William Arnett
 
Coll. JMC


  Il s'installe non loin du centre musical de Memphis considérée comme le berceau du blues. Guitariste talentueux et confirmé, il fit partie des  groupes de Howlin’Wolf et Muddy Waters.
 
 Howlin' Wolf - Spoonful
  
 C'est lorsqu'il  prend  sa retraite loin du centre de la ville dans les années 60, qu'il se met à dessiner beaucoup plus. Il exécute ses dessins au crayons de couleurs, assis toute la journée devant une télévision allunée qui lui fournit des flots d'images pour ses inspirations. Fasciné par les véhicules de toute sorte, il a représenté de nombreux bateaux à vapeur, des trains, des avions, des motos et des automobiles.
 

Coll. JMC


Coll. JMC


Courtesy of Outsider Fold gallery                                                               D.R.

   Si l’œuvre de Speller est traversée par l’imagerie du Delta et la description de sa vie quotidienne du temps de sa jeunesse sur les bords du fleuve, elle est aussi fréquemment teintée de fantasmes érotiques avec des dessins d'hommes et surtout de femmes partiellement dénudées et chaussées de hauts talons aiguilles qu'il appellaient "les personnages de Dallas". De façon plus épisodique, il existe également une série de dessins mettant en scène des sortes de cow-boys évoluants dans des univers ou  des situations étranges qui ne sont pas sans rappeler certains travaux de J. H. Toney
http://jmchesne.blogspot.fr/2012/08/john-henry-toney_3.html
Coll. JMC


Coll. JMC

    Plusieurs déménagements, lorsqu'il vivait à Memphis on fait que de nombreux dessins ont été perdus mais on estime qu'il en demeure encore plusieurs centaines. L'œuvre de Speller est franche, parfois difficile et directe et ne seduit pas le premier venu. Elle a été découverte et révélée dans les années 80 par Ray Allen, un passioné d'art populaire et ce sont les personnages érotiques des années 70 qui sont dorénavant les plus recherchés.
Courtesy of Barbara Archer Gallery                                                            D.R.
Collection Privée                                       D.R.
 

mardi 25 septembre 2012

André Morvan à l’ouvrage…

Photo Michel leroux
   Il est un lieu où j’aime amener mes amis quand ils viennent me voir en Bretagne. Ce lieu est un bar où des musiciens et des danseuses faits de bois mort nous entrainent dans leurs danses imaginaires. Il s’agit du bar du Mont Salut, sur le bord de la route entre Auray et Plouharnel. André Morvan, l’auteur de ces fabuleux assemblages, est d’une incroyable discrétion lorsque les nombreux estivants s’arrêtent pour prendre quelques photos. Cet été, en compagnie de mes amis Catherine et Jean-François Maurice (animateur de la revue Gazogène), j'ai eu la chance de voir André Morvan travailler. Du haut de son escabeau, il réparait le chapeau de l'une de ses danseuses. Nous échangeâmes un « bonjour » puis, voyant qu’il me reconnaissait, je me suis risqué à lui poser quelques questions à propos de la restauration et de la conservation de ses ‘sculptures’. Alors que d’habitude il laisse le visiteur sur sa faim en disparaissant, ce soir là il poursuivit  son travail tout en répondant à mes interrogations… Merci donc à André Morvan de nous avoir ainsi fait partager ce moment privilégié de le voir à l’ouvrage.
Michel Leroux (Septembre 2012)   
 
Photo Michel leroux
Photo Michel leroux
Photo Michel leroux

Photo Michel leroux